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par
lefloch
J'aimerais vivre en Andalousie, dans une de ces villes magnifiques au soleil
toujours présent, aux couleurs qui flattent les regards, à l'eau rare, précieuse et fraîche à se damner. A Tolède, par exemple, dans la cité d'un des plus grands grimpeurs de l'histoire, Fédérico
Martin Bahamontes ou n'importe où ailleurs mais dans un endroit chaud et sec, propice à la pratique du vélo.
Je débute l'article ainsi et c'est presque sérieux, ce qui signifie que j'ai eu bien froid, ce matin pendant la sortie dominicale mais je vais, de ce pas, si on peut dire vous raconter tout cela.
Olivier le Castor a un nouveau vélo. Il a remisé à la cave son fidèle Décathlon pour s'offrir un très beau Ridley en carbone, des pédales et des chaussures en parfait accord avec sa machine.
Cependant, en face du château du Marais, il doit s'arrêter pour régler ses cales, il a prévu le matériel et cela ne dure pas très longtemps. Juste assez pour permettre à deux de mes anciens
équipiers, Jean-Mi et son beau-frère Olivier, de nous rejoindre et de décider de nous accompagner.
Une petite pause pour vous parler de mes camarades de jeu. Jean-Mi est un petit grimpeur de poche qui monte tout à fond et m'a permis de progresser, moi qui escalade par a coups. Nous nous sommes
connus au club d'athlétisme de Limours, nous avons la même VMA, ce qui a bien arrangé les choses. Nous avons roulé ensemble pendant plusieurs années, le vie nous a un peu séparés. Son épouse,
soeur d'Olivier étaient toujours du voyage, une blessure au pied l'a éloignée de la route et de nombreuses activités sportives. Olivier est grand, ne grimpe pas très bien pour un Jurassien, ils
sont tous du Jura, mais il est aussi un formidable routier, si courageux qu'il restera devant, sans rien demander jusqu'à la limite de ses forces. Il ne se plaint jamais. Son seul petit défaut
réside dans le fait qu'il ne sait pas très bien se comporter en peloton, j'ai manqué en faire les frais aujourd'hui même...
Mais
reprenons le fil de la sortie, partis à deux, nous étions quatre désormais avec quelques promesses de beaucoup s'amuser et de kilomètres rondement menés. Malheureusement, Castor stoppa une
nouvelle fois à Rochefort, toujours gêné par ses nouvelles cales. Les deux autres, las d'attendre, nous laissèrent avec nos yeux pour pleurer. Nous nous reprîmes vite en avalant Saint Arnoult, ou
un gaillard se joignit à nous, puis Sonchamp, un petit bonjour à mon poney et, tout à coup, au loin, j'aperçus mes deux amis en rouge qui semblaient peiner contre un vent fort dérangeant.
Étant donné que je faisais tout le boulot depuis un certain temps, j'appuyai plus fort sur mes petites pédales et la jonction s'opéra tout naturellement. Le gaillard nous quitta avant Gazeran et
le chemin du retour s'accomplit à renfort de plus ou moins longs relais.
Et puis, Olive le Castor perça à l'arrière dans les bois avant la Celle les Bordes. J'encourageai mes camarades à ne pas attendre et à rentrer avant l'heure du repas. Ce qu'ils acceptèrent sans
se faire trop prier. Je fis demi-tour et partis à la recherche de mon infortuné camarade. Je le retrouvai, lui prince de la bricole, roi de la débrouillardise, bien ennuyé par un vilain silex. Je
ne l'aidai que très peu tellement le froid m'engourdissait, je repartis même faire un tour pour ne pas finir gelé et il en profita pour éclater une chambre à air neuve, ne pas parvenir à gonfler
celle que je lui avais fournie...
Je crois que nous sommes restés 45 minutes dans cette forêt. J'ai monté deux fois la côte, effectué un petit contre la montre pour me finir les jambes et ne plus sentir la morsure de l'hiver et
nous sommes reparti vers Bullion, Bonnelles, Malassis et la fameuse bosse du Cormier dont le début doit ressembler au premier virage de l'Alpe d'Huez.
Nous sommes rentrés en traversant Forges très rapidement, c'est normal, c'est en descente, tout ceci jusqu'à notre village après 90 kilomètres d'effort, de plaisir et de galère, les cuisses
bien entamées...
Pour me venger, j'ai battu mon père 2 à 0 aux échecs, il n'était pas très en forme, c'est bien dommage mais ce n'est que partie remise. C'est un très joli jeu, j'adore les fins de parties. En
parlant de fin, Djoko s'est sorti de la toile tissée par Nadal, en cinq sets et en presque 6 heures. C'est un record pour celui qui est devenu le meilleur joueur du circuit. Novak, je t'invite
dans mon tournoi, en juin, à Chevry, mais tu viendras en France pour gagner Roland...
Bon, Tolède n'est pas en Andalousie mais j'aurais tellement voulu...
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Fabrice Pion 30/01/2012