Si j'avais eu accès à l'ordinateur, j'aurais roulé avec ma petite bande, ce matin et nous aurions bien rigolé. En lieu et place de cela, j'ai fracassé mes pédales, maltraité mon mulet comme le forcené que je suis devenu suite à mon temps vélo catastrophique durant l'Ironman. C'était comme si on m'avait relâché, je reprenais des groupes, je ne laissais à personne le soin de mener et, quand je n'avais plus personne dans ma roue, je scrutais l'horizon pour trouver une nouvelle proie. J'étais devenu fou, en voici les détails.
Il pleuvait malgré les prévisions, November Rain mais pas par Axel Rose, imper, sur-chaussures et tout l'attirail du marin breton redevenaient à la mode un peu trop tôt. Je suis donc parti bille en tête comme pour me venger sans vraiment m'en apercevoir. J'ai doublé quelques cyclos sur la route de Clairefontaine, ceux là n'avaient aucune chance, j'étais habité, possédé même, je les voyais à peine. J'ai tourné à gauche, juste avant la côte, vers les trois faux plats et repris vers Rambouillet où le western a débuté. J'ai d'abord rejoint un groupe de Ballainvilliers. l'un des membres m'a suivi, l'effronté, mais quand une véritable vague venant d'Achères 78 a déferlé sur nous, il est allé se réfugier auprès des anciens de son équipe. J'ai suivi sans problème, sur la petite pour introduire la peur parmi ces gens un peu sûrs d'eux. A Auffargis, les Vaux de Cernay nous tendaient les bras pour l'explication finale, pour la mise à mort de la bête mais ils ont continué à gauche vers les étangs de Hollande, me laissant seul avec mon désir d'en découdre.
Il ne m'a pas fallu longtemps pour retrouver des compagnons. En effet, dans la petite bosse de l'abbaye, deux garçons tout en blanc et une jeune femme grande comme Alexandra Louison m'ont titillé pour les points du grimpeur. A deux, ils m'ont roulé dans la farine et j'ai pris la seconde place mais, sans m'affoler, je suis passé devant en haut afin que de repos ils ne puissent profiter. Dans la côte des écoles pour remonter vers Cernay, Alex a quelque peu explosé et je n'ai connu aucune difficulté pour prendre les derniers points de la journée. Les chevaliers servants ont attendu leur belle mais j'avais imaginé la suite. Après une courte chasse, je me suis calé dans la roue d'un gars de la FDJ lui-même précédé par un compère de l' Aéroport de Paris qui roulait plutôt fort. J'ai pris le relais sur la route de Boullay et le FDJ, fatigué par une saison trop longue, sans doute, nous a regardé nous éloigner, la larme à l'oeil, le coeur rempli d'effroi de voir se défaire une amitié si parfaite. A l'entrée du village, mon acolyte a attendu son ami, je l'ai quitté sans un regard, j'avais encore à faire.
En fait, il ne me restait qu'à rentrer après avoir salué Franck à la boutique de cycles tout en me disant que j'étais devenu débile de vouloir fuir ainsi les résultats du Chtriman sans en parler à personne. Dans ma tête de pimpin de la route, j'avais imaginé exorciser tout ça à la force des jarrets, il faudra, tout simplement attendre le prochain Ironman. Il y avait 80 kilomètres sur ma montre puisque le mulet que j'adore n'a pas de compteur, j'avais bien roulé mais cela aurait été bien plus drôle avec les loustics du TSR 78...
Un drôle de coup de fil de JP sur l'avenir de notre boulot qui ferait presque regretter l'ancien gouvernement, j'en saurai plus demain, je vous en parlerai mais je ne terminerai pas sans un vibrant hommage à ma nièce de Bretagne et cette chanson géniale de Deep Purple à écouter calmement, je vous en supplie...
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Carla 02/09/2012
vince 03/09/2012