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par
lefloch
Après 20 minutes d'échauffement très souples, j'ai un peu hésité entre un footing long mais pas trop et une petite séance au feeling. J'ai opté pour la seconde solution en rapport avec le vélo
d'hier. En effet, dans les lignes droites presque infinies, nous avions travaillé le fractionné long voire très long. Aujourd'hui, ce serait donc bien plus court du genre 3 x 10 minutes avec 3
minutes de récupération.
A
14 à l'heure, pas de problème dans les deux premières parties d'un truc que mon chien ne comprend pas et ceci surtout pour la récup. Durant le repos avant d'entamer la dernière partie du
programme, je me suis dit que j'aurais, à coup sûr, besoin d'un déambulateur pour tenir efficacement 5 minutes. Mais, un peu comme en vélo, le corps de vieux triathlète a bien répondu et
j'y ai gagné un demi kilomètre à l'heure. Le retour s'est effectué assez rapidement, la montre indiquant une heure tout juste. Et je me suis souvenu d'un moment sympa...
Quand j'étais tout jeune éducateur, j'ai eu l'occasion de participer à ce que l'on pourrait nommer un triathlon d'entreprise. Organisé par la direction de l'Essonne, il accueillait tous les
volontaires dont mon grand ami le Toro dans la base de loisirs du Port aux Cerises de Draveil.
Un court briefing et tout le monde est parti à fond, sauf moi car, à l'époque, je ne connaissais que la brasse et encore, sans mettre la tête dans l'eau. Arrivé au milieu du lac, j'étais
complètement seul mais pas vraiment affolé car seuls Toro et moi-même avions une bonne notion des transitions. Sur le vélo, un VTT en l'occurrence, j'ai dépassé tout le monde sauf mon ami.
Certains marchaient à côté de leur engin, d'autres étaient vautrés dans une herbe bien verte et très accueillante. Ceux qui roulaient encore semblaient sortis pas tout à fait indemme d'un
roman de Stephen King et, j'ai même eu le temps d'échanger mon vélo en panne avec celui, trop petit, d'une spectatrice pour teminer deuxième avant d'entamer ce qui était mon point fort à
l'époque, le 5 kilomètres en moins de 18 minutes ou encore moins si l'avance du Toro s'était avérée trop importante. Et enfin je l'ai repris, l'animal madrilène, juste avant l'arrivée.
Je lui ai tendu la main et nous avons franchi la ligne ainsi, comme 2 frangins vainqueurs de leur premier et seul triathlon de leur vie...
T"en souviens-tu, mon ami, c'était agréable de mettre une raclée à tous ces boeufs, n"est-ce-pas, et surtout d'arriver ensemble après une couse qui, en fait, ne concernait que nous deux puisque
je ne sais même pas si le troisième avait fini par se pointer... Merci pour ce moment, my friend.
Tout à l'heure, en faisant les courses, j'ai acheté le bouquin d'André Agassi "Open" à cause du quatrième de couverture ou il déclare : "J'ai 7 ans et je parle tout seul parce que je
suis effrayé et parce que je suis le seul qui veuille bien m'écouter. Je murmure entre mes dents. Abandonne André, laisse tomber. Pose ta raquette et va-t-en de ce court, immédiatement". Je suis
d'une famille dont presque tous les membres jouent ou ont joué au tennis, je n'ai pas autant souffert que cet immense champion, mais à mon petit niveau je comprends son dégoût, sa peur, ses
murmures. J'ai envie de lui crier "fais du triatlon, André" mais c'est trop tard et tu n'aurais pas connu Steffi Graf...
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el toro 27/12/2011
Jojo la patate 27/12/2011