Jeudi 23 février 2012
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19:00
Trempé le matin en allant au boulot, douché et rincé le soir en rentrant, c'est une journée qui ne restera pas dans les mémoires.
Et pourtant à 9 heures dans la côte de Briis, je me suis senti pousser des ailes. Et ce n'est pas qu'une expression. En effet, je n'avais pas d'ambition particulière mais les jambes ont réagi au
quart de tour et la montée m'a semblé très courte. J'aurais voulu être dans le virage trois de l'Alpe et connaître des dispositions semblables, savoir que ce ne serait pas un obstacle mais
plutôt un plaisir infini qui rime avec Pantani. J'aimerais retrouver un coup de pédales léger et dépasser des dizaines de concurrents pour courir les 22 kilomètres, dans la station, à 16 à
l'heure. On pourrait y mourir, il n'y aura pas de demi-mesure. Je n'ai pas peur de l'Alpe, j'en rêve, mais je ne jouerai pas les bravaches, même des grimpeurs y ont perdu de leur superbe et Marco
n'y a pas retrouvé l'envie de vivre.
Je ne sais pas ce qu'il y avait dans mes céréales mais j'ai eu le temps de penser à tput ça et aux escaladeurs qui ont enchanté mon enfance, Van Impe, Ocana, Fuente, Rooks, Theunisse et tant
d'autres mais jamais le Texan qui m'a rendu haineux. Un jour, à force de m"évader ainsi, je m'écroulerai devant une voiture, victime de mes rêves, perdu dans un profond sommeil.
Je
suis arrivé à Bures assez rapidement, changé et séché en quelques secondes et j'ai pédalé à l'intérieur une dizaine de minutes pour accompagner JP qui finissait une heure complète. Il utilisait
"mon" beau vélo de spinning, j'ai du me rabattre sur une autre engin, bien moins chatoyant. C'était juste pour me réchauffer et cela a fait effet.
Du
travail administratif assommant, quelques rapports de stage agréablement rédigés, un peu de ménage, et je me suis de nouveau déguisé en coureur cycliste pour regagner mon home sweet
home. Il pleuvait beaucoup plus fort et le brouillard jouait les invités de dernière minute. Avec mon coupe vent bien orange, je ne craignais pas les automobilistes, je suis donc parti pour le
quatrième contre la montre en deux jours. Je ne frimais pas dans la descente très rapide qui mène de l'autre côté de Briis, mes freins devenus dorénavant inutiles, mais pas question de poser un
pied à terre et de me retrouver au sol comme Luis Ocana dans l'orage du col de Mende. Pas de chute pour moi mais je ne serai jamais très brillant dans ce genre d'exercice, j'y ai perdu quelques
dents et un peu de mémoire aussi.
Je pars à la montagne demain, sans vélo mais pour skier avec mon fils puisqu'il est le seul à disposer de vacances. Je ne sais pas si je pourrai tenir le blog mais j'essaierai, je le promets...
Une petite musique car nous allons bien nous amuser, le domaine skiable est invraisemblable et notre guide Dominique génial à chaque fois...
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