Publié le
par
lefloch
Mon chef, qui part bientôt dans le sud, m'a reçu pour mon évaluation annuelle. Ce ne fut qu'une formalité, nous aimons tous deux ce que nous faisons, cela se voit dans les écrits et aussi dans la
fraternité qui se dégage de nos relations.
Je
n'étais pas pressé de rentrer, j'ai repris la route de Janvry, descendu Bel Air après avoir combattu un vent pervers, descendu de nouveau la Belle Étoile après avoir souffert à 26 à l'heure sur
le plateau de Bruyères-Saint Maurice et pris mon petit chemin de campagne qui serpente jusqu'au Val en longeant d'imposants moulins qui ressemblent aux immenses demeures que l'on rencontre
dans les films d'horreur. J'ai, sur cette route presque sans voiture, proposé une course à un petit bonhomme lâché par sa très jolie maman et ses deux frères, plus âgés et plus véloces, sans
doute, sur leur bicyclettes bariolées .Je l'ai ramené discrètement mais sa mère m'a gentiment remercié, je n'étais pas très fier de mon casque et de mon cuissard noir...
Pour venger mon honneur, j'ai gravi à toute allure la côte d'Angervilliers, en me retournant deux ou trois fois pour voir si la petite famille ne comprenait pas que des enfants surdoués, super
dopés aux petits pots magiques. A mon grand regret, il n'y avait personne, j'étais redevenu le grimpeur solitaire, la descente m'a paru bien triste.
Je me suis ensuite caché dans les bois pour atteindre Bonnelles, traverser Bullion, Moutiers, effectuer quelques sprints à la pancarte jusqu'au croisement de Clairefontaine, continuer en contre
la montre jusqu'au Val et ne pas revoir la famille de routiers. J'avais parcouru 70 bornes, rencontré des gens, oublié un pied récalcitrant et gagné quelques assurances pour ce sacré Chtriman que
j'aime tant depuis les 10 derniers kilomètres de l'an dernier. Je ne suis pas rancunier, je me prépare à dérouiller encore plus mais je ne suis sûr de rien.
J'ai vu la poursuite par équipe, les anglais n'ont pas tremblé mais cela ne dure que quelques secondes, c'est un peu décevant. J'ai encore apprécié la natation limpide de Camille Muffat, l'esprit
d'équipe et le sens de la bagarre de ses copines du relais, j'ai moins aimé Nelson Monfort qui doit prendre, dès aujourd'hui, sa retraite en rendant un micro qui devient, entre ses mains, une
arme à faire pleurer une championne médaillée, en plus. Triste sire et ici le terme n'est pas de noblesse, très triste. Adios.
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Salengro 02/08/2012
vincent 02/08/2012
El Toro médico de la dernière chance 02/08/2012
Poolio 03/08/2012
El Toro tétraplégique 03/08/2012