Publié le
par
lefloch
Tout
a commencé calmement, à la maison, pendant le repas du soir. Comme de plus en plus souvent, j'ai avalé un morceau de mignon petit lapin qui s'est vengé en restant coincé dans les poumons ou
ailleurs. D' habitude, il suffit de deux doigts dans la bouche, comme les anorexiques, et le tour est joué, discrètement, comme si rien ne s'était passé. Mais Bugs Bunny, du moins ce qu'il en
restait, s'est avéré tenace en s'agrippant dans je ne sais lequel de mes conduits. Plus rien ne pouvait passer, ni l'eau, ni la salive et, en fait, étant donnée la douleur que cela entraîne, il
vaut mieux ne pas essayer. J'ai tout essayé mais j'ai lamentablement échoué et, à 4 heures du matin, tremblant de partout, la langue si sèche que je l'aurais bien vu tomber, j'ai, de guerre
lasse, appelé les pompiers. Gentils comme tout malgré mon parler hésitant, ils m'ont passé le SAMU qui m'a dépêché une très belle ambulance. Cependant, à force de l'attendre, dehors, sur une
chaise de jardin, j'ai réalisé seul le miracle de ma guérison en ne faisant rien.
Les deux praticiens m'ont fait quelques examens de routine, j'étais beaucoup mieux malgré mon air hébété qui leur disait de m'emmener à l'hôpital. Nous avons discuté un peu d'école d'infirmiers,
de sport et ils m'ont relâché.
Il n'était pas loin de 5h30, j'ai envoyé un mail à Vince pour lui exposé la situation.
A 8 heures juste en ce jour férié bien placé, j'ai bondi hors du lit, baladé le chien noir, nourri l'autre bestiole qui devient très loquace quand la faim la tenaille, appelé mon ami et je me
suis préparé.
Je n'étais pas le plus beau des routiers sprinters mais j'étais présent pour effectuer les exercices. En passant devant mon village, nous avons croisé Jean-Pierre qui a immédiatement fait demi
tour pour nous rejoindre. Après les présentations d'usage, nous nous sommes relayés assez vivement jusqu'à Rochefort où nous avons commencé le jeu de brise cuisses en entrant dans la forêt. Cela
se décomposait ainsi : 5 fois 2 minutes sur la plaque et à 80% de VMA suivi, après 5 minutes d'un repos mérité, de 5 fois 2 minutes 30 en progressant dans l'allure jusqu'à 80%.
Vincent a pris les choses en main. Nous avons rejoint quelques groupes qui ont explosé, certains de leurs membres sont restés avec nous pour le meilleur et pour le pire. Je n'étais pas au
mieux mais je me suis forcé à ne pas trop drafter et puis, rouler derrière des gars plus forts ne peut pas faire de mal. En seconde partie, Vince avait choisi d'accélérer toutes les 30 secondes,
j'ai beaucoup mois souffert lors de cet exercice.
Jean-Pierre est cool, il a suivi sans problème. Il est pompier et vient de cesser les courses cyclistes pour se consacrer au raids et autres réjouissances. J'ai roulé avec lui assez souvent, il
sait s'adapter à tous les styles. Le retour au calme fut apprécié par tous. J'avais très faim, soif et ma gourde était déjà presque vide mais nous sommes tout de même passés par les Vaux de
Cernay, en roulant correctement mais sans attaque de la part de types corrects. Vince n'a même pas osé me bousculer dans la côte qui nous a ramenés sur le plateau. Tu aurais pu, mon ami, je
t'attendais...Enfin, je crois mais je pensais aussi beaucoup à ce grand lit chaud que je n'aurais pas du quitter de cette manière.
Un peu plus tard, nous sommes tombés sur Dominique que je ne vous présente plus. Après une petite pause d'adieux à Gometz, Vince étant attendu chez lui, je suis resté dans les roues des deux
champions car Eole s'était installé dans la région de Janvry, petite localité charmante dans laquelle Dom nous a quittés.JP n'a pas tenté de me lacher et j'ai même pris la tête dans la partie la
plus venteuse pour le soulager. Nous eûmes droit à quelques gouttes de pluie en arrivant mais rien de grave et 80 kilomètres à 29 de moyenne. Je tiens à remercier mes deux coéquipiers qui n'ont
jamais ralé ni renaclé pour prendre sur leur portes bagages, l'ectoplasme que je représentais malgré moi.
Cet après midi, j'ai battu facilement mon vieux père deux parties à zéro, il n'était pas au meilleur de sa forme, j'espère qu'il ira vite mieux.
Une chanson qui donne l'envie de faire des pompes...
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Vincent 08/05/2012