Je ne vais pas raconter comment nous nous sommes débrouillés aujourd'hui pour nous retrouver avec deux petits groupes distincts mais le vélo à la carte semble
bien fonctionner et c'est un secteur que Vince et moi pourrions exploiter à des fins mercantiles. Cependant, nous ne roulerions plus jamais ensemble et cela serait bien dommage...
En fait, je vais vous conter comment j'ai
effectué un très long et très agréable parcours en compagnie de Nat, de retour d'un très bon marathon mais pas celui de Paris, et de Stef, parvenu devant le magasin de nos amis Franck et Gabriel
bien avant moi.
J'étais bon dernier mais je me suis en grande
partie racheté en décidant de la marche à suivre et de l'ambition d'aller faire un petit tour en Eure et Loir spécialement pour mes deux coéquipiers.
J'étais en retard car le mulet n'avait pas cru bon de
démarrer simplement, comme il en a l'habitude, avec entrain même puisqu'il adore le mauvais temps, la bruine et le froid qui persiste. Percé perfidement à l'arrière, il me réservait cette
surprise pour le moins désagréable pour l'instant du départ. Certains penseraient que je suis quelque peu négligeant avec mon matériel et ils auraient raison.
J'ai donc remonté rapidement monsieur Look, fort
bienheureux d'être enfin dérangé après un hiver douillet et parfaitement oisif. Son bonheur, je l'ai senti dans la côte de Briis, dans le virage le plus difficile. Ce magnifique engin rouge et
blanc, qui se souciait peu de ma fatigue accumulée lors d'une semaine éprouvante et de toutes ces nuits chaotiques, m'a demandé presque plus que ce que je pouvais lui donner. C'était une
sensation étrange, un échange inéquitable mais nous l'avons escaladé aisément même si je ne suis pas persuadé d'avoir joué le moindre rôle dans cette petite histoire.
Notre plan de route était simple mais c'était compter
sans le vent qui jouait à nous user bien plus que coutume. Stef, en forme car cela peut se constater dès les premiers mètres, a pris ses responsabilités en nous entraînant vers Cernay à 30
kilomètres à l'heure. Nat, les gambettes un peu lourdes, parlait de rebrousser chemin mais il n'en était pas question, elle irait beaucoup mieux après une dizaine de borne à cette allure.
J'ai relayé à plusieurs reprises et pris les choses en
main en allant vers le Perray. Stef a fait l'effort dans toutes les courtes bosses, je sprintais à chaque fois et Nat s'accrochait avec succès, nous étions une bien fière équipe.
Je me sentais très bien dans cette position aéro que
j'avais mis entre parenthèses même si mon prolongateur est trop court pour les courses longues. Il a plu très modestement dans le bois de Poigny, nous avons rejoint un papy, son vélo très lourd
arborait de jolis garde boue en inox, peut-être. Nous l'avons lâché dans la forêt suivante aux alentours d'Herberay. Nat semblait bien triste, je n'ai pas su pourquoi.
Et puis pour faire plaisir au Groland, à mon ami
qui vit dans une arène et à tous les autres, j'ai aperçu puis doublé une jeune bimbo en plein footing à un peu moins de 15 à l'heure. Je l'ai félicitée mais c'était déjà l'heure de repartir, mes
équipiers ne plaisantent pas toujours.

Epernon dans le 28 nous attendait paisiblement
malgré son marché très fréquenté et son grand tournoi de foot pour les jeunes. L'une des équipes évoluait en jaune et vert comme le FCN qui reste deuxième en Ligue 2, ses adversaires ayant tous
connu un arrêt dans leur progression. J'ai encouragé les petits canaris, les adultes se sont retournés, Anne G le déclare, je suis un satyre.

Nous ne nous sommes pas du tout égarés dans ce très
gros bourg et j'ai attaqué dans l'interminable côte de sortie. Pendant un moment, j'ai cru que je ne pourrais pas décrocher Stef, il a cédé ensuite mais de très peu, il grimpe donc avec pugnacité
quand tout va bien.
Importunés par les voitures qui, en nous serrant de
très près, nous interdisaient de nous protéger en éventail, j'ai indiqué l'entrée dans Sauvage, village qui porte bien son nom car sa bosse est traitresse. Stef s'en est rendu compte quand il
s'est envolé dans un sprint un peu fou. Quelle ne fut pas sa surprise après le virage de constater que rien était terminé. Je l'ai dépassé juste pour les points, nous avons profité d'une pause
sympathique au sommet.
Nous avons traversé Monlieu, vestige d'une immense institution
du Ministère de la Justice, et son bois très humide. Il pleuvait de nouveau, un crachin pas méchant, Nat et moi roulions de front en position ironman, le vent dans le dos, ce n'était que du
plaisir. Stef suivait sans problème, il souriait, Vichy approche.
Gazeran, puis Eole de travers durant 5 kilomètres avant de reprendre
par le Parc Animalier ou l'abri des arbres centenaires nous a permis de récupérer. Les deux courageux ont choisi le retour par Rambouillet, Vieille Eglise et la suite. Je suis resté devant, ils
ont légèrement rétrogradé, la fatigue se faufilant dans des jambes éprouvées par plus de 70 kilomètres dans des éléments qui se jouaient de nous.
En effet, le vent, ignoble personnage, avait tourné sans
prévenir et nous l'avions de nouveau en pleine figure ce qui était immérité et vicieux... en arrivant sur la D906, nous avons vu passer devant nous un petit gars de Saint Rémy. Nat a reconnu
Jérôme qui me fait bien rire dans ma ligne d'eau, le mercredi même s'il nage deux fois plus vite que moi. Il filait à belle allure, moulinant comme un petit diable et j'avais le secret espoir de
le reprendre mais une file ininterrompue d'automobiles lui laissait tant d'avance que je commençais à douter du bien-fondé de ma quête.
Je crois que Stef a eu la même idée car il a attaqué la bosse de
Cernay comme il sait très bien le faire. Je me suis lancé dans un long sprint et j'ai rejoint le garçon après le sommet. Nous avons discuté jusqu'à la place centrale du village où nous avons
attendu les deux autres qui n'étaient pas loin.
Il s'est joint à nous pour déposer Nat, quasiment prête pour du
longue distance puis laisser Stef, toujours fringant malgré quelques crampes. J'ai laissé Jérôme aller vers Gometz, j'ai pris à gauche, descendu La Vacheresse, rejoint le centre de Gif puis je me
suis présenté chez Vince, je souhaitais effectuer un petit bout de route à ses côtés.
Il était pret à partir, il m'a donc ménagé dans La Vacheresse qu'il
fallait escalader malgré les 110 bornes qu'indiquait ma montre d'ami des bestioles. Nous avons rejoint Floran, un autre gars de la ligne d'eau, qui nage encore mieux que Jérôme et mes deux
nouveaux coéquipiers m'ont ramené jusqu'à chez moi et je les en remercie chaleureusement.
Mes gambettes pouvaient encore me porter mais je n'ai pas couru avec
Irondog, mes chaussures sont au boulot et après 130 kilomètres, cela aurait été un peu présomptueux. Cet après midi sera consacré aux grands magasins de bricolage ou de décoration, pauvre de moi,
plaignez moi, s'il vous plaît...
Les Cure amoureux pour finir même si ce n'est pas forcément le jour
idéal, mais pourquoi pas, n'est ce pas mademoiselle Anne ?
Pour conclure, j'espère que vous me pardonnerez l'écriture un
peu rapide, le style confus et le peu d'attention portée à mes partenaires du jour. Nat et Stef, vous avez été formidables et souriants, merci et merci à Vince de ne pas avoir joué les points
dans notre seule côte en commun. Vous êtes des anges, à tout de suite...